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Dans le cadre de l'option obligatoire intitulée « audiovisuel » du département de Sociologie, un cours de réalisation de films documentaires est dispensé par une enseignante spécialisée en anthropologie visuelle aux étudiants L2. Ce cours porte sur l'intérêt d'avoir recours à l'image dans le cadre d'une étude sociologique ou ethnologique. Les atouts de l'utilisation de l'image en Sciences Humaines ne sont plus à prouver : les travaux de Claudine De France, de Luc de Heusch, de Jean Rouch et de bien d'autres ont parfaitement démontré la valeur de l'image dans la recherche anthropologique. Claudine de France met tout particulièrement en évidence le fait que l'introduction du cinéma dans l'appareil de recherche peut «modifier profondément l'ensemble du rapport observation immédiate/observation différée/langage[1]». Les analyses peuvent en effet porter sur des événements fluents inscrits sur un support persistant, dont on peut à l'infini répéter l'examen des images, et non sur des supports figés que sont les notes, les esquisses, les dessins, les photos, l'observation directe. L'enseignement comporte trois volets : le premier porte sur la connaissance du film documentaire : visionnage de films, et présentation de la démarche des cinéastes ; un second point porte sur la manière de réaliser une enquête sociologique ou ethnographique à l'aide d'une caméra ; et le troisième point, les conduit à la réalisation filmique.
Les étudiantsdisposent d'une dizaine de caméscopes numériques, qu'ils ont la possibilité d'emprunter deux jours consécutifs pour réaliser des films tout au long de l'année. Un local spécial tenu par un technicien en audiovisuel est ouvert chaque jour et les étudiants y trouvent le nécessaire pour réaliser leur film : caméras, perches, micros, pieds. Le technicien est à leur disposition pour leur donner des conseils dans l'utilisation du matériel.
Les étudiants, par groupes de deux ou trois, rapportent un film à chaque séance (3 heures tous les quinze jours) qui sera visionné par l'ensemble des participants au cours. De fortes contraintes de tournage leurs sont imposées, qui seront peu à peu levées au cours de l'année, pour laisser place à la création individuelle. L'observation filmique, caméra à la main, est au cœur de l'apprentissage, et elle s'accompagne d'ailleurs d'un apprentissage de techniques corporelles spécifique à ce type de tournage. D'abord parce qu'en accord avec les propos de Jean Rouch : « Seul l'ethnologue est capable de savoir quand et où filmer sur son terrain », et son implication derrière l'objectif, est la seule manière de penser son sujet en image. L'étudiant est amené rapidement à comprendre qu'au même titre que l'écriture, le tournage n'est pas un outil anodin dans le recueil des données, mais bien un langage spécifique autonome qui n'est pas là pour redoubler un discours ou l'illustrer mais un « langage image ».
Le deuxième semestre est consacré à la préparation du film de fin d'année (un film de dix minutes maximum) : écriture, réflexion sur le plan de tournage, le plan de montage. En fin de réalisation une formation au montage leur est dispensée.
[1] Claudine de France, Cinéma et anthropologie, Maisons des Sciences de l'Homme, Paris, 1982, p.7.
Voici 4 films sur 22 réalisés au cours de l 'année 2007/2008 :
