Vincent Cotro - Printemps du Livre 2019

Vincent Cotro

Professeur de musicologie à l’université de Tours, membre du laboratoire ICD (EA 6297). Spécialiste du jazz et des musiques improvisées et auteur de plusieurs articles, ouvrages et ouvrages collectifs.

Publications récentes :

Vincent Cotro (dir.), Musique, enjeu de société (autour de Guy Gosselin), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2016.
Vincent Cotro et Catherine Douzou (dir.), L’autorité dans la musique et les arts du spectacle, Paris, Kimé, 2017.


Cotro couverture
Musique et formes brèves (dir.)
Bruxelles, Peter Lang (2018)

Discipline : Musicologie

Bagatelle, impromptu, burlesque, capriccio, invention, intermezzo..., la liste serait longue des genres musicaux relevant de l’esthétique de la miniature, du fragment ou de la pièce de caractère née avec Beethoven. Pourtant, la multiplicité des « stratégies du bref » mises en œuvre par les musiciens et compositeurs peut être observée au prisme d’une histoire plus large et jusque dans des domaines a priori inséparables de la longue durée (comme l’opéra) ou d’un développement improvisé (comme le jazz). Si la notion de forme brève en musique  suggère d’abord la limitation du format d’une partition ou l’abrègement d’une durée d’écoute, la brièveté doit aussi se concevoir en relation avec une exigence de concision et la recherche d’une densité maximale de l’expression. Fréquent objet de procès et de polémiques aux XIXe et XXe siècles en raison de la permanence d’une pensée classique de l’entièreté et de la « grande forme » attachée à toute « grande » œuvre, la brièveté musicale peut aussi refléter des contingences historiques ou considérations politiques, sociales, économiques comme  technologiques. Elle s’enrichit enfin, à l’instar des nombreuses modalités d’enchâssement et de mise en série des formes brèves littéraires à l’intérieur d’un texte, par le dialogue incessant qu’elle instaure avec la longue durée dans les cycles, recueils ou albums enregistrés. Telles sont quelques unes des questions abordées au fil des dix-huit contributions de ce volume qui s’attachent tant aux stratégies de production qu’aux modalités de réception de la brièveté en musique. Construit en quatre parties respectant un plan chronologique du XVe siècle au jazz contemporain, l’ouvrage propose le croisement des regards et des stratégies analytiques et s’intéresse tant aux miniaturistes incontestés que sont Schumann, Schönberg et Webern, qu’à des compositeurs moins connus ou en devenir pour lesquels la forme brève a pu constituer, parfois plus ponctuellement, une échappatoire ou un défi lancé aux systèmes dominants.