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Parution : Actuel Marx, n°79 - Kantisme et marxisme

Parution : Actuel Marx, n°79 - Kantisme et marxisme
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Actuel Marx, n°79, Presses universitaires de France, 2026.
Dossier « Kantisme et marxisme », sous la direction de Guillemette Leblanc et Jean Quétier

Si Kant fait assurément partie, au même titre que les autres représentants de la philosophie allemande classique, des sources théoriques dont le marxisme est supposé avoir hérité, les modalités concrètes de l’appropriation de ce legs ont très tôt été sujettes à controverse. Cela tient sans doute pour une part au fait que la fin du XIXe siècle, au cours de laquelle le marxisme est en cours de constitution, est marquée, notamment dans le champ académique germanique, par un appel au « retour à Kant » qui n’est pas sans effet sur le mouvement socialiste. À ce titre, si l’orthodoxie marxiste s’est en partie définie à travers le rejet de certaines positions philosophiques associées au kantisme (caractère inconnaissable de la chose en soi, recours à une éthique fondée sur l’universel…) présentées comme de coupables déviations, cette condamnation fait elle-même fond sur des tentatives d’hybridation dont la richesse n’a sans doute pas toujours été reconnue à sa juste valeur. Du néokantisme socialiste marbourgeois à l’austromarxisme en passant par le « révisionnisme », ces entreprises théoriques ont été multiples au tournant du XXe siècle, et on peinerait la plupart du temps à les reconduire à des positions unifiées. Au-delà de ce seul contexte, elles n’ont pas manqué d’avoir des effets au long cours sur la théorie marxiste elle-même, et bien au-delà du seul espace germanophone.

Sans prétendre dresser un panorama exhaustif, l’objectif de ce dossier de la revue Actuel Marx est d’offrir un éclairage sur certains aspects des interactions complexes entre kantisme et marxisme. Il propose ainsi une porte d’entrée dans les textes de certains des grands protagonistes de cette rencontre, qu’ils soient des universitaires (Hermann Cohen, Rudolf Stammler, Paul Natorp) ou des dirigeants politiques (Eduard Bernstein, Gueorgui Plekhanov, Max Adler). En outre, il entreprend de réfléchir sur les effets que produit l’héritage kantien et/ou néokantien au sein de traditions marxistes très diverses au cours du XXe siècle, de la Théorie critique au marxisme analytique, en passant par Galvano Della Volpe ou Cesare Luporini.

Sommaire du dossier : 

- Guillemette Leblanc et Jean Quétier, « Entre kantisme rouge et marxisme transcendantal »

- Elisabeth Widmer, « Le kantisme de gauche à Marbourg »

- Carlos Miguel Herrera, « Le marxisme au prisme néokantien. La nomologie sociale de Rudolf Stammler »

- Guillemette Leblanc, « Kant ou Marx : approches marbourgeoises du matérialisme historique »

- Jean Quétier, « L'enjeu Kant dans la querelle du révisionnisme »

- Andrea Cavazzini, « La synthèse impossible. Kant et le marxisme italien d'un siècle à l'autre »

- Camilla Brenni, « Adorno néokantien ? Théorie critique, marxisme néokantien, critique de

 Parution : Friedrich Engels, Textes politiques (1883-1895)


À la mort de Karl Marx en 1883, Friedrich Engels se voit contraint d’assumer le rôle de « premier violon ». Durant les douze années qui suivent, loin de se limiter à gérer l’héritage de son compagnon, il déploie une activité théorique et politique d’une intensité exceptionnelle. Ce volume rassemble 95 textes – articles de presse, discours, manuscrits et préfaces – qui témoignent de la diversité de ses interventions. De l’essor de la social-démocratie allemande aux grèves des dockers de Londres, des réflexions sur son voyage aux États-Unis à l’analyse de tensions internationales qui font peser la menace d’une guerre mondiale, Engels s’affirme comme un observateur aiguisé des bouleversements de la fin du XIXe siècle. L’ouvrage offre une nouvelle traduction de textes célèbres comme Le Rôle de la violence dans l’histoire ou la Critique du programme d’Erfurt, mais il fait surtout découvrir de nombreux inédits en français. S’appuyant sur les travaux de la MEGA (Marx-Engels Gesamtausgabe), cette édition critique rend disponible un très grand nombre des textes politiques d’Engels. Elle est enrichie d’une riche introduction, d’un appareil de notes rigoureux, d’index ainsi que d’une chronologie. Elle montre un pan méconnu de l’œuvre d’Engels qui confirme son statut de théoricien majeur du XIXe siècle.


 

 Publication de "Arne Naess: écologie et politique"


Sous la direction de Catherine Larrère, Emmanuel Picavet et Eric Pommier sort, aujourd’hui, ce volume collectif consacré à la dimension politique de l’écologie profonde d’Arne Naess.
Il comporte des contributions de Serge Audier, Rémi Beau, Marine Bedon, Catherine Larrère, Paul Guillibert, Gérald Hess, Marie-Hélène Parizeau, Luca Valera, Jean-Philippe Pierron et Emmanuel Picavet.
Arne Næss est le père fondateur du courant de l’écologie profonde (Deep ecology) qui affirme le caractère relationnel de toutes choses ainsi que la valeur intrinsèque des différentes formes de vie, ce qui conduit à en louer la richesse et la diversité.
Or, dans le meilleur des cas, la dimension politique de cette écologie a été déclarée impuissante, voire ignorée ; dans le pire, on a dénoncé son incompatibilité avec la démocratie. On l’a même accusée de nourrir un discours écofasciste.
Ce volume consacré à la politique de l’écologie profonde a pour ambition de dévoiler cette part méconnue de la pensée du grand auteur norvégien en la situant par rapport à certains de ses inspirateurs (Spinoza, Gandhi) et en la mettant en relation, de manière critique, avec les thèses de l’écoféminisme, de l’écologie sociale et du pragmatisme.
La mise au jour de ses sources et la restitution des débats avec ses détracteurs révèlent l’actualité de la philosophie de Næss d’une manière qui ne se contente pas de l’aider ainsi à retrouver sa juste place au sein de l’histoire de la philosophie et de la pensée écologique, mais aide aussi à s’interroger sur les voies d’avenir de la pensée écologique et sur son volet politique.
En rejetant les tentations autoritaires, en assumant le meilleur de la tradition démocratique, en intégrant le souci de justice sociale au sein d’une réflexion qui s’interroge sur l’être de la nature, le père fondateur de l’écologie profonde contribue au renouvellement d’une démocratie devant se mettre à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques du XXIe siècle.
https://www.mareetmartin.com/livre/arne-naess-ecologie-et-politique

Biennale internationale de la SFraP sur "L'intersubjectivité"

1er colloque des étudiants en philosophie - Licence et master le 12 mars 2026