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AMPHIS 1 - 2 - 3 - 4 - 5 / A - B - C

Hommage - CV - Bibliographie - Traductions
 

Heinz RASCHEL

AMPHI 1
(1943 - 2024)

 Philosophe, historien et linguiste, Heinz Raschel, enseignant-chercheur spécialiste de philosophie et de civilisation allemandes à l’Institut d’Études germaniques, a dirigé la Faculté de Lettres & Langues pendant plus de deux mandats (comme doyen puis administrateur provisoire), initiant des projets novateurs comme la double formation Droit-Langues. Président du Comité de gestion des Tanneurs, il a notamment porté l’ambitieux projet d’extension du site qui est devenu ainsi digne d’une université moderne.

 


Claude DOUBINSKY

AMPHI 2
(1934 - 1998)

Claude Doubinsky (1934-1998) a rejoint l’université François-Rabelais de Tours en 1971 après avoir enseigné en classe préparatoire et aux États-Unis. D’abord assistant puis maître de conférences spécialisé en études américaines, il a été élu directeur de l'U.E.R. des pays anglophones en 1983. En 1995, il est devenu le premier vice-président chargé des Relations internationales et a contribué, par son action innovante, au développement du rayonnement international de l’université.
 

André BORDEAUX

AMPHI 3

(1924- 1991)

Co-fondateur de l’université de Tours
Professeur des Universités en langue et civilisation anglophones
traducteur - poète
Premier doyen de la Faculté puis Unité d'Enseignement et de Recherche des Pays anglophones
Vice-président de l'Université chargé des relations internationales

Hommage au professeur André BORDEAUX

Rédigé par le professeur André LASCOMBES
Publié en novembre 1991
Dans le Bulletin de l’Université de Tours, n° 66, p. 7

L’université François-Rabelais vient de perdre l’un de ses fondateurs et l’Université française l’un de ses maîtres les plus estimés. Avec la même discrétion qu’il mettait à réussir toutes ses entreprises, André Bordeaux est parti le 19 octobre 1991, au terme d’une longue maladie qui l’avait frappé de la plus cruelle façon.

Ce fils d’instituteurs ruraux, qui cultiva toute sa vie ce qui l’enracinait au plus profond du terroir, ne quitta physiquement son Morvan natal que pour la Sorbonne où il commença sa vie universitaire. Ne s’éloignant jamais trop de ses sources, il revint, de 1949 à 1952, enseigner à Orléans où il fut successivement maître auxiliaire puis professeur agrégé. Assistant en Sorbonne à partir de 1954, puis détaché au CNRS, il fut en 1962, appelé à créer à Tours les études universitaires d’anglais en ce qui, d’abord Collège Universitaire, devint successivement Faculté des Lettres puis Université de plein exercice. C’est dans ce département, devenu Faculté d’anglais, qu’il devait déployer sans compter, et l’inépuisable énergie qui animait sa frêle silhouette et les dons qui firent la réputation du professeur, la valeur de l’homme.
Sourcier qui pressent l’eau au bas du puits encore à creuser, il savait aller à toutes les sources, reconnues ou méconnues, où jaillit la poésie. Sources anglaises bien sûr, élizabéthaine, romantique, contemporaine ; mais sources terriennes aussi, la morvandelle comme l’africaine. Pour l’enchantement de ses étudiants, l’admiration de ses collègues, il savait restituer le goût de chacune, retrouver les trajets où elle s’élabore.
Selon la même logique de la passion du verbe, il fut aussi « grand translateur ». Alliant au talent l’audace des sympathies instinctives, le petit paysan morvandiau était entré de plain pied dans l’univers mytho-poeiétique du Nigérian Wole Soyinka qu’il invita à Tours dès 1972 avant de devenir traducteur d’une partie de son œuvre en 1973. [Celui-ci recevra le prix Nobel de Littérature en 1986.]  Il avait, de même, verbalement fait sien l’univers du Polonais Joseph Conrad, poète de la mer et l’un des plus grands de la langue anglaise, dont il traduisit Le Paria des Iles en 1984.
Mais, à côté du lecteur et du traducteur, la sève intérieure nourissait aussi le faiseur et le diseur de poèmes. Au long de la même période silencieusement féconde, il avait composé, dans le parler de ses jeunes années, un recueil où revivaient de simples gens dont l’âcre humour, riche et pudique, voilait les misères. Même les doctes, un instant désarçonnés par le voyage, se laissaient gagner par la justesse du propos, le subtil alliage de tendre causticité et d’émerveillement lucide. Les participants du Congrès des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur tenu à Tours en 1977, ou bien ses collègues de la Présidence de l’Université un peu plus tard, se souviennent du bonhomme matois, soudain surgi de Dieu sait où, et dans lequel il leur fallait quelque temps pour reconnaître, sous la « biaude » délavée et le foulard fripé, les lourds sabots et la pipe facétieuse, leur collègue spécialiste d’Hilaire Belloc et du Cardinal Newman.
Ceux qui eurent le privilège de voir au plus près ce père de famille constamment attentif, cet ami des heures sombres, ne décelaient aucun nostalgique passéisme dans ces retours, écrits ou théâtralisés, à la culture délaissée. Dans ces moments de mémoire sans doute étanchait-il un peu la soif de liberté et d’authenticité qui l’habitait. Mais, dans l’offrande ainsi faite aux autres d’un autre visage de soi, le petit homme au vêtement sage et au regard de prince hindou mettait aussi un peu d’esprit de fête qui couronnait pour lui l’accomplissement du devoir. C’était une autre forme de l’inlassable générosité qui aura été sa véritable vocation et qui, redoutable instrument dans ses mains d’une volonté irénique, demeure le plus précieux souvenir qu’il nous laisse.

André-Bordeaux : CV et Bibliographie - Traductions

 

Laurence Cornu 

AMPHI 4

(1952 - 2021)

Née en 1952, fille du grand juriste Gérard Cornu, Laurence Cornu était normalienne et agrégée de philosophie. Elle a longtemps enseigné la philosophie en lycée avant de soutenir en 1999 une thèse de doctorat en philosophie à l’Université Paris 8, sous la direction de Jacques Poulain, sur « Les mots du politique dans l’invention de la république (1791-1792) », qu’elle poursuivra avec une Habilitation à diriger des recherches, intitulée « Expériences de l’émancipation et régime de la confiance » en 2005 sous la direction de Patrice Vermeren.
Elle fut successivement professeur de philosophie puis maître de conférences à l’IUFM de La Rochelle, avant d’être recrutée comme Professeur des universités à l’Université de Tours en 2009, et de prendre la direction du Département des Sciences de l’éducation, jusqu’à sa retraite en 2018. Sur le plan de la recherche, elle fut également co-fondatrice puis co-directrice de l’équipe de recherche EA7505 Education, Ethique et Santé (EES), équipe originale par son ancrage et projet radicalement pluri- et trans-disciplinaire. Son engagement dans la vie universitaire se traduisit par un investissement important dans les instances de l’Université de Tours, en tant qu’élue au Conseil de l’UFR ASH ou au Conseil d’Administration pendant de nombreuses années.
Elle fut l’auteure de nombreux articles, et de plusieurs ouvrages. Le champ de la philosophie de l’éducation, qui fut sa spécialité, lui doit beaucoup, en tant que chercheuse mais aussi et surtout en tant que membre de la communauté scientifique qu’elle aura contribué à animer pendant plusieurs décennies.

Les étudiants de Licence, de Master et de Doctorat, les professionnels de l’enseignement, de l’éducation et de la formation qu’elle aura contribué à former comme les collègues avec qui aura eu l’opportunité de collaborer ou de travailler garderont d’elle le souvenir d’une enseignante inspirante, d’une philosophe exigeante, et d’une collègue attachante

hommages